Pegasus : L’espion dans votre téléphone

Des dirigeants du monde entier, des journalistes et des militants ont pu être espionnés grâce à Pegasus, un logiciel ultra-sophistiqué. Qui se cache derrière cette opération qui a créé la polémique ? On vous raconte les secrets de ce programme.

Les infos pour briller en soirée

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Des téléphones bien spécifiques pour Emmanuel Macron

On le sait, ses téléphones, le Président ne s’en séparent que rarement. Preuve en est si vous jetez un œil sur son portrait officiel, vous pourrez les remarquer juste à côté de sa main droite. Mais l’entourage d’Emmanuel Macron l’affirme, les paramètres de ces smartphones sont “les plus restrictifs possibles et les installations d’applications et de téléchargements sont bloquées”. Aux côtés de ces IPhones figure ce qui ressemble à votre tout premier téléphone portable, il s’agit pourtant d’un appareil ultra-sécurisé. Le modèle Teorem de l’entreprise Thalès permet en effet d’échanger des informations classées secret défense, grâce à un chiffrement à la fois hardware et software.

2

Pegasus : interdit en Israël, en Russie et aux Etats-Unis 

Le consortium de journalistes, Forbidden Stories, a récolté le témoignage d’une source proche du groupe NSO, qui développe le logiciel espion Pegasus. Elle leur a alors révélé que le groupe fonctionne en symbiose avec l’État israélien. Ce dernier utiliserait des autorisations d’exportation, pour décider à qui Pegasus peut être vendu ou non. C’est ainsi qu’à la demande du gouvernement israélien, l’accès du logiciel à l’Arabie Saoudite aurait été rétabli pour des raisons diplomatiques. De plus, Pegasus a l’interdiction de cibler les numéros de certains pays jugés trop sensibles : “les Israéliens ont dit qu’il y avait trois juridictions avec lesquelles il ne fallait pas déconner : les Etats-Unis, Israël et les Russes” a expliqué la source de Forbidden Stories.

3

Des Chefs d’Etat déjà espionnés par le passé 

Ce n’est pas la première fois que de telles révélations concernent des Chefs d’Etat. Souvenez-vous, en 2013, Edward Snowden, l’ancien informaticien de l’agence de renseignements américaine, la NSA, avait dévoilé l’existence d’écoutes à grande échelle, ciblant notamment plusieurs dirigeants, dont la chancelière allemande Angela Merkel. Puis deux ans plus tard, des documents publiés par WikiLeaks ont démontré qu’à la fois Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient été espionnés par les services secrets américains durant plusieurs années. Plus récemment, au printemps dernier, la télévision danoise Danmarks Radio a révélé, l’existence d’un espionnage de plusieurs dirigeants européens par les Etats-Unis grâce à l’utilisation de câbles sous-marins danois. 

4

WhatsApp a bien été visé par Pegasus

En 2019, WhatsApp avait découvert que NSO Group utilisait une faille dans son logiciel pour infecter des téléphones avec Pegasus. L’entreprise avait alors colmaté la faille, porté plainte, et prévenu 1 400 victimes de cette attaque. Le PDG de WhatsApp, Will Cathcart a donné des détails dans une interview au Guardian : « Ces révélations sont parfaitement cohérentes avec ce que nous avons appris. Parmi les 1 400 victimes et victimes potentielles attaquées en 2019 à travers WhatsApp, il y avait aussi des responsables gouvernementaux, y compris à des postes de haute responsabilité, et des alliés des Etats-Unis, en plus de journalistes, de militants des droits humains, et d’autres personnes qui n’avaient aucune raison d’être surveillées d’aucune manière ». L’attaque n’avait été effective que quelques semaines. Will Cathcart tacle au passage les gouvernements qui « lui demandent d’affaiblir à dessein la sécurité des messageries. »